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2007 – 6ème édition FESTIVAL CULTURE BAR-BARS

2007 – 6ème édition du Festival Culture Bar-Bars, du 22 au 24 novembre

« Je veux garder ma ville vivante, je veux connaître les gens qui habitent à côté de moi, je veux découvrir ce que les artistes ont à dire ; je veux croire en un projet de société intelligent, respectueux des autres, qui responsabilise au lieu de sanctionner et qui nous fasse avancer ensemble vers plus de tolérance, d’empathie et de sensibilité. »

Téléchargez ici la revue de presse de la 6ème édition du Festival Culture Bar-Bars

« Retour à l’âge de pierre, quelqu’un a un silex ?
Il n’y a pas si longtemps de ça, je me souviens avoir dansé sur des tables, avoir échangé des regards de braise avec des inconnues, avoir été bouleversé par des artistes que j’aurais pu toucher parce qu’on partageait le même mètre carré et d’être rentré chez moi avec des paillettes plein les yeux et des souvenirs plein la tête…
Ce n’était ni à Woodstock, ni à Ibiza, ni à Goa ou je ne sais quel autre chantre de la fête, c’était dans les années 90, en France, et l’on avait vraiment l’impression de vivre quelque chose de fort. Sans pour autant flirter avec l’interdit, sans se faire houspiller par la sécu, en étant juste naturel dans un contexte qui se prêtait à la détente…
Que s’est-il donc passé depuis pour que l’on ne puisse plus faire quoi que ce soit sans être fouillé et scruté de la tête aux pieds, sans être parqué dans des lieux officiels de divertissement et sans avoir l’impression d’être borderline dès que l’on rigole un peu fort ou que l’on porte des baskets ??
Ou sont donc passés tous ces lieux de proximité, ces bars accueillants et conviviaux, ces antichambres du quotidien, avec chacun leur clientèle, leur identité, leur parti pris, leur point de vue sur le monde. Comment réagir face à la diminution drastique du nombre de ces cafés de quartier où l’on rencontre des gens, où l’on rit, où l’on accède à une culture non-officielle en découvrant des toiles, des groupes, des performers, des DJs ???
Coincés entre les menaces de fermeture administrative et l’autocensure, leur marge de manœuvre s’est considérablement réduite, comme si les initiatives culturelles étaient devenues sulfureuses voire illégales.
Sous prétexte de lutte contre les risques sanitaires liés à la fête et de préservation du calme dans les villes, la France a petit à petit durci ses lois*. S’il n’est pas question de remettre en cause le bien-fondé de l’initiative, on peut quand même s’interroger sur la pertinence des moyens retenus et sur la nocivité des effets secondaires.
En réglementant à l’extrême la diffusion des spectacles à petite jauge et en menant la vie dure aux établissements de proximité, nos législateurs sont en train de supprimer purement et simplement un des derniers espaces de cohésion sociale au sein du quartier et de remettre en cause l’alternance artistique en étouffant la création.
Sur ce dernier point prenons l’exemple d’un musicien : pour exister il a besoin de se confronter au public, cela lui permet de se faire connaître, de se préparer à la scène et d’améliorer ses morceaux avant de les enregistrer. Si les bars ne peuvent plus l’accueillir, son projet va rester confiné à son réseau de potes ou à myspace et l’histoire s’arrêtera là. Ils sont rares ceux qui émergent tout seuls grâce à Internet, à l’instar d’une Lily Allen ou d’un Kamini. La case «caf-conç’» reste donc incontournable pour se faire découvrir par un label ou remarquer par un programmateur, sans elle il faudrait passer directement du garage à une grande scène, ce qui n’est ni réaliste ni qualitativement crédible.En toute logique, si l’actuelle génération peine à émerger les esthétiques ne se renouvelleront pas et l’on prend le risque de recycler au lieu de créer : on stagne au lieu d’avancer. Avez-vous déjà remarqué le nombre impressionnant de reprises diffusées par les principaux médias ?

Ce sont là des signes qui ne trompent pas.
Perte du lien social, expansion de la pensée unique : allons nous rester là les bras croisés à regarder notre société se déshumaniser et s’affadir, allons nous accepter un remède pire que la cause ? N’y a-t-il pas un entre-deux à imaginer, n’est-il pas possible de s’amuser près de chez soi sans être regardé de travers ou sans contrevenir à la loi ?? N’y a-t-il plus d’autres alternatives que la télé, le Zénith, les stades, le 1er de l’an ou la fête de la musique pour la liesse populaire ?? Sommes-nous tous contraints d’aimer la même chose, au même moment, dans les mêmes lieux ?? N’est-il plus possible d’accéder facilement et démocratiquement à la différence ??

Et puis si nous sommes tous pareils, comment allons nous évoluer ?
Je veux garder ma ville vivante, je veux connaître les gens qui habitent à côté de moi, je veux découvrir ce que les artistes ont à dire : je veux croire en un projet de société intelligent, respectueux des autres, qui responsabilise au lieu de sanctionner et qui nous fasse avancer ensemble vers plus de tolérance, d’empathie et de sensibilité.

Est-ce utopique ?
Ce festival créé par le collectif Bar-Bars n’a pas d’autre but que de vous sensibiliser à cette problématique parce que nous sommes tous concernés : il s’agit de notre quotidien, de notre futur et de celui de nos enfants. Pour orienter le cadre législatif vers des horizons plus cléments, le collectif travaille tous les jours auprès des plus hautes instances françaises, mais si vous êtes nombreux au festival, cela cautionnera leur propos et les aidera dans leurs démarches.
Alors les 22, 23 et 24 novembre, continuez de venir en masse pour soutenir le droit à la différence, venez revendiquer le droit à la fête et réclamer le droit d’être considéré comme des citoyens responsables et impliqués dans leur choix de société. Nous en sortirons tous grandis. »

Un commentaire sur “2007 – 6ème édition FESTIVAL CULTURE BAR-BARS”

  1. Nico Bar-Bars 23 octobre 2010 @

    j’avais oublié ce texte, je ne sais plus qui l’a écrit, mais c’est bien dit.

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